Lydol – Âmesœur (Lyrics)
[Intro]
Elle, elle qui s’était promis de ne plus jamais flancher
Elle qui avait promu au rang d’héroïne les reines
En se promettant de ne plus jamais tomber
Elle, pleine d’amour
Avait fermé son cœur à double tour
Car au loin elle avait vu le malin
Avancer en direction de sa cour
Alors elle court
Elle court, elle crie
Elle court, elle court, elle prie
Parce qu’elle a compris
Que la mort nous rend faibles
Mais c’est l’amour qui nous détruit
Elle avait choisi la solitude
Comme seul et unique compagnon
Elle dansait sur ses silences
Quand le vide lui tenait compagnie
Entre remords et regrets
Ses souvenirs l’accompagnaient
Elle était célibataire
On était fiers
Et jamais elle ne se plaignait
Elle se plaisait à regarder les couples s’enlacer
Ces cœurs qui se tiennent
Puis se lâchent
Tel des baskets délassées
Elle avait appris de son passé
Et à tous ceux qui s’arrêtaient pour s’embrasser
« Pourvu que ça dure », au loin elle leur lançait
On la voyait à son balcon
Certains soirs
Une main à la hanche
L’autre tenant son verre
Ils auraient bien voulu savoir
Mais il s’avère
Que les retours de l’amour
Sont souvent trop sévères
Alors elle savoure son vin
Voulant sauver souvent
Ses amants aimants, savants
Qui refusent ses services
Oubliant que l’amour en paye
Ses vertus et ses vices
Alors elle sévit
Moqueries, rires, iris
Aimerait la voir pleurer
Mais elle sourit
Parce qu’elle est célibataire en jersey
Elle n’a pas peur
De la froideur des nuits
Se préfère à ses ivrognes de tendresse
Des nœuds, des doutes
Des moods de lover
Dans ce délire
Elle dévie les liens vils
Avec déni
Car elle plaide non coupable
Si s’aimer soi-même est un délit
Quand lui vient l’envie de plaire
Elle se mire, se marre
Et en attendant que son narcissisme se meure
Elle se murmure
« Non, ils n’auront plus jamais
Ni mon cœur
Ni mon corps »
Ses mots résonnent
Mais elle est la seule
À entendre leur écho
L’amour l’aime
Elle aime l’amour
Mais elle préfère son égo
Alors elle court
Elle court, elle crie
Elle court, elle court, elle prie
Parce qu’elle a compris
La mort nous rend faibles
Mais c’est l’amour qui nous détruit
Elle, qui trop souvent
Avait ouvert la porte
À ses porteurs de sentiments
Malveillants, malvoyants
Qui malveillaient sur un avenir
Qu’elle voyait merveilleux
Désormais elle censure sans cesse
Tournant son sang sur elle-même
Ses prédateurs qui suent
Et se dévouent sur elle
Ceux qui posent des mains sensuelles
Qui vident des rails
Ses aventures écardiaques
Qui ne captent ni le sens
Ni l’essence même
Elle, nourrice de passion
À la petite cuillère
Régime fade
De sucre et de sel
Lui vantant un paradis âcre
Sans étoiles
Sans lune
Sans ciel
Elle, femme fière
Forte, farouche et féroce
Avant de lever sa cape de superwoman
Et poser à côté sa casquette de boss
Quand lui
De son esprit
Vient frapper à la fenêtre de son âme
Elle descendit en courant
Ouvrit
Mais ce n’était ni la poésie
Ni le slam en face d’elle
C’était juste un homme
Qui lui fit perdre ses moyens
Et oublier ses normes
Lui
Qui trop longtemps avait cherché
Avait fini par la trouver
Sans la chercher
Il n’avait pas attendu
Que la flèche l’atteigne
Il n’avait pas été lâche
Maître amoureux
Cachant une alliance dans son dos
Parce que lui
Voulait faire d’elle son alliée
Sa moitié
Son bonheur
Sa chance
Lui
Qui sans trop savoir comment
Avait devancé tous ceux
Qui avant lui étaient dans le rang
Il voulait désormais
Son amour
Son amant
Son chevalier
Son prince charmant
Même sans cheval blanc
Quand lentement
Son genou fléchit
Se rapprochant du sol
On entendit les anges au loin
Chanter sur une clé de sol
Elle
Âme qui longtemps avait été si seule
Avait désormais à ses pieds
Un cœur tremblant
Qui lui promettait
De la rendre saoule d’amour
Elle
Si sûre d’elle
Qui pensait les amoureux aveugles et sourds
Elle
Qui seule et fière portait le brassard
Avait désormais en face d’elle
Son âmesœur
Lui
Qui était entré dans son cœur
Avant qu’elle ne l’ouvre
Lui
Qui sans avoir lu
Connaissait l’auteur et son œuvre
Quand les larmes quittèrent ses paupières
Posant un sourire sur ses lèvres
Alors elle court
Elle court, elle crie
Elle court, elle court, elle prie
Parce qu’elle a compris
Que la mort nous rend faibles
Mais c’est l’amour
Qui donne un sens à la vie
Alors lentement
Il leva la tête
Et quand leurs regards se croisèrent
Il lui murmura :
« Veux-tu m’épouser ? »
